Musique et Littérature

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Dans la tradition culturelle du Maroc saharien, musique et poésie ont toujours été intimement liées. Dans le désert, on ne produisait pas de concerts, mais on se réunissait sous la khayma pour des soirées poético-musicales. L’expression musicale puise sa raison d’être dans le sens poétique et vice-versa. La création poétique a besoin de la musique pour s’épanouir. Même en déclamation, la poésie hassanie se réfère à la musique et aux canons de son système modal.

Le Hawl

Pour rendre compte de la musique traditionnelle hassanie dans son sens le plus large, on utilise le terme hawl dont l’étymologie est peu connue : s’agit-il du sens commun qui nous renvoie aux notions de gravité et de sérieux ? Il y a effectivement, dans la culture hassanie, un sens de solennité qui, même lorsqu’il est associé au divertissement, impose une présence d’esprit et une discipline d’écoute, à peine rompue par les manifestations de joie et les mots d’encouragement adressés aux poètes. Respectant de nombreux canons, la musique hassanie puise sa grâce raffinée dans sa relation directe avec le sens poétique. Ce raffinement est accentué par le soin porté par les musiciens aux nuances du jeu vocal et aux détails de la technique instrumentale.

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Le hawl se compose aussi bien de la poésie déclamée (leghna) que de la musique des instruments (azawân), deux domaines à la fois distincts et complémentaires, mettant à contribution toutes les ressources de la créativité poético-musicale des populations locales. Dans le terme leghna, la poésie déclamée fait indirectement référence à la musique. Le terme azawân est de plus en plus utilisé actuellement, aussi bien pour la musique hassanie que pour la musique amazighe. Quant à la danse, elle se rattache en partie au hawl, mais elle peut être aussi pratiquée de manière autonome.
Fidèle à la tradition du désert , le hawl met en présence, le poète (mghanni), les chanteurs et instrumentistes (iggâwn) et un public, le plus souvent averti.
Le hawl possède des vertus pédagogiques et socialisantes. Il participe à l’élévation du goût, à la diffusion des valeurs traditionnelles du groupe social. Il installe une discipline d’écoute et peut endosser un objectif religieux ou éducatif. Il constitue, de ce fait, le cadre général de la culture locale.

Les griots

La musique et le chant sont portés et pratiqués par les griots (iggâwn), principaux acteurs de la musique locale. La musique stricto sensu, appelée également azawân, est le complément et le pendant logique de la poésie. Les iggâwn sont donc des musiciens «professionnels», qui composent et récitent les poèmes, chantent, jouent d’un instrument et souvent, savent aussi danser.

Historiquement, ils sont devenus les compagnons nécessaires à la noblesse guerrière ou savante, jouant auprès d’elle un rôle panégyrique et celui d’amuseurs. Cependant toutes les autres couches de la société maure leur portent leur admiration. D’origine sociale et ethnique variée, le griots se sont peu à peu constitués en caste endogame dans la société traditionnelle maure, ce qui avait pour conséquence d’entourer leur pratique d’un certain nombre de secrets artistiques, hérités de père en fils.

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Les instruments de musique

Les musiciens ont fait usage d’un ensemble d’instruments traditionnels appartenant aux trois familles de cordophones, aérophones et membranophones. (De nos jours, des instruments contemporains ont été ajoutés à la pratique musicale dans toute l’aire de la culture hassanie).
Pour comprendre la musique hassanie, il est indispensable de connaître le jeu des principaux instruments traditionnels qu’on peut considérer, sur certains plans, comme le complément ou l’imitation de la technique vocale : les deux registres sont solidaires et indissociables et contribuent à définir l’atmosphère modale requise pour souligner le sens du corpus poétique.

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Le tidinît

Tidinît désigne un luth à quatre cordes: la caisse est creusée par l’artisan dans une pièce de bois unique de forme allongée. La table d’harmonie est en peau de bœuf, fixée à la caisse au moyen de lanières de peau ou de clous de cuivre. Le manche est une longue pièce de bois cylindrique, il est dénué de frettes. L’instrument comporte quatre cordes : 2 cordes longues, accordées à la quarte; qui sont pincées pour jouer la mélodie; deux cordes courtes qui sonnent toujours à vide (appelées cordes sympathiques). Le tidinît est un instrument masculin.

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L’Ardîn

L’Ardîn ou Lardîne est un instrument de musique sahraoui typiquement féminin. C’est une sorte de harpe dont la caisse est une calebasse avec un manche mesurant plus d’un mètre de long.

Contes et fables

Les nomades les appellent les Rwayât. Et c’est à juste titre, car ces contes et fables doivent beaucoup à la narration orale car les nomades aiment raconter pendant les veillés nomades dans les campements, une infinité de petites histoires. Ces contes, véritables fragment littéraire mettent en scène la vie nomade à travers des personnages fabuleux: hommes (chartât…) ,animaux de la vie du désert (chameaux, lièvre, chacal, hyène …)